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Notes Covidiennes n° 4

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Voici un extraordinaire filon de réflexion et de sélection d’articles francophones à propos de la Covid : le blog de Laurent Muchielli (cliquer), Sociologue, directeur de recherches au CNRS (Laboratoire Méditerranéen de Sociologie). Les articles ci-dessous en proviennent.

Pourquoi l’Ivermectine est probablement le meilleur traitement de la Covid

L’article présente l’incroyable palmarès d’efficacité de ce médicament puis émet l’hypothèse qu’en tant que médicament générique aucun laboratoire, aucun lobby ne proposera de l’utiliser. Aujourd’hui, le même organisme, qui l’a autorisé en 1980, pense, comme le National Institut of Health, que plus de 14 000 cas dans différentes études n’est pas suffisant pour l’autoriser dans le cas du Sars-Cov-2.

L’Ivermectine a une action remarquable en prophylaxie contre le Sars-Cov-2. Le faible taux de Covid en Afrique, alors qu’au début de l’épidémie l’OMS prévoyait une hécatombe, n’est peut-être pas étranger à sa large utilisation (sans compter tous les traitements pour le paludisme avec Hydroxychloroquine).

L’Ivermectine fait partie des 3 médicaments les plus prescrits au monde avec la Pénicilline et l’Aspirine. L’Ivermectine est une des rares molécules à avoir obtenu un prix Nobel et est issue d’une collaboration internationale public-privé. 

L’Ivermectine est un des rares médicament inoffensif, même en surdosage. Sur 4 milliards de prescriptions en trente ans dans 130 pays, 0,0001% d’effets secondaires (4614 patients).  Par comparaison, depuis le début de l’année et au 15 février, la base de l’OMS signale 65 188 déclarations pour le vaccin Pfizer, contre 46 pour l’Ivermectine.

Le site c19ivermectin.com recense 41 études (dont 20 randomisées) faites par 304 auteurs portant sur 14 833 patients, avec des résultats de 89% en prophylaxie, 83% en phase précoce, la mortalité globale diminuant de 78%.

En mars 2020 le professeur Paul Marik a créé un groupe d’experts, avec le Dr Kory, la Front Line COVID-19 Critical Care Alliance (FLCCC), pour colliger et analyser toutes les études afin d’élaborer un protocole de traitement pour le COVID-19. Ils ont découvert sur le tard l’Ivermectine. Leurs travaux reprennent tous les modes d’action de l’Ivermectine et les résultats de tous les essais disponibles en prophylaxie et en thérapeutique. Ils détaillent chacune des études, sans faire de méta analyse et concluent à une efficacité de l’Ivermectine en prophylaxie, thérapeutique et Covids longs. Ces résultats sur plus de 7 000 patients ont été présentés le 6 janvier devant le National Institut of Health.

Andrew Hill, à la demande de l’OMS/Unitaid a analysé 18 essais cliniques randomisés les moins discutables, portant sur 2 282 patients. Il a noté une amélioration rapide des troubles, une hospitalisation réduite et une réduction de 75% de la mortalité.

Comme l’hydroxychloroquine, l’Ivermectine est une molécule « orpheline » que personne ne prendra plus en charge (ni dans la lutte contre la Covid, ni dans d’autres maladies). Dès lors, ce devrait être le rôle des autorités sanitaires publiques de s’en emparer, dans l’intérêt général. Un pays aussi immense que l’Inde l’a compris. Pas la France, dont la stratégie totalement hospitalo-centrée empêche plus largement de penser les traitements en phase précoce, ce qui nous vaut de figurer dans le peloton de tête des pays où la mortalité liée à la Covid aura été la plus forte, sans parler des séquelles durables de la maladie chez les patients qui n’ont pas été véritablement soignés.

Voir l’article original

Le protocole thérapeutique de l’IHU-MI

Le 2 février l’équipe chargée de la communication de l’IHU a fait très fort. Ils ont mis en ligne ce jour là un document qui devrait faire date pour l’information médicale. Vous le trouverez à cette adresse:

Dans cette vidéo, le Pr Mathieu Million médecin responsable de l’HDJ ambulatoire à l’IHU détaille l’ensemble du protocole appliqué à tout patient positif à un test covid, les examens, les seuils fixés, les molécules utilisées. Tous les cas sont détaillés, les choix explicités et les traitements, adaptés à chaque situation sur la base d’un expérience d’un an de lutte contre l’épidémie, sont décrits précisément, dosage, durée… La décision d’hospitaliser ou non, de traiter par hyper oxygénation sur place ou  d’envoyer en réanimation, tout est décrit et justifié précisément, selon l’état, l’âge des patients, les antécédents. Tout ce processus se déroule dans un face à face entre le patient et les médecins responsables du traitement. On a plaisir à entendre le Pr Million remettre au centre de ce travail le rôle de l’infirmière, pièce angulaire du parcours de soins et de la  relation avec le patient, tout comme de décrire l’immense travail accomplit par tous ceux qui contribuent au bon fonctionnement de cette impressionnante machinerie. 

On comprend à la vue de cette vidéo que les résultats obtenus à l’IHU soient exceptionnellement bons par rapport à la moyenne française. Et il ne s’agit pas d’un simple travail de recherche, ou d’une médecine de pointe réservée à une petite minorité privilégiée, car la majorité des patients soignés à Marseille l’ont été à l’IHU, soit environ 14 000. Il s’agit bien d’une politique de soins destinée à toute la population. 

On comprend moins que le gouvernement français ait décidé d’affronter l’épidémie en se passant des conseils de cette formidable machine à soigner

Ce protocole existe également en version PDF.

Il est proposé après cette explication :

« Un traitement est proposé au patient qui est informé qu’il n’y a aucun traitement contre le virus ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France dans la prise en charge ambulatoire du COVID-19 en janvier 2021.
Le traitement proposé est basé sur notre analyse de la littérature, les résultats obtenus dans notre laboratoire et notre expérience sur plus de 13000 patients.
L’accord du patient pour la prescription d’hydroxychloroquine hors AMM est sollicité pour chaque patient.
Chaque traitement doit être prescrit après élimination des contre-indications.
Seules les contre-indications les plus fréquentes dans notre expérience (≥ 10,000 patients pris en charge en ambulatoire à l’IHU depuis mars 2020) sont décrites ici. »

Il est précisé ceci :

« – Existe-t-il d’autres options en cas de contre-indication à l’association hydroxychloroquine (HCQ) azithromycine (AZ) ?
– Emergence de l’évidence de l’interêt de l’utilisation hors AMM de l’ivermectine chez nos patients contre indiqués à HCQ + AZ. »

Article d’analyse globale : quelles puissances, quels leviers “organisent” le discours général sur la Covid ?

« Max Weber disait que les dominants ont toujours besoin d’une ‘théodicée de leur privilège’, ou, mieux, d’une sociodicée, c’est-à-dire d’une justification théorique du fait qu’ils sont privilégiés » (33). En l’occurrence, il s’agit de faire accepter « une philosophie de la compétence selon laquelle ce sont les plus compétents qui gouvernent » (34).

Pour que la sociodicée fonctionne, il est ainsi crucial de contrôler l’information.

 « la censure ne doit plus être seulement pensée comme le résultat de pressions directes et concrètes exercées sur les différents maillons de la chaîne de sens par les détenteurs identifiés de l’autorité d’État ou d’Église, mais comme le processus toujours et partout à l’œuvre de filtrage des opinions admises. Bien plus, cette ‘nouvelle censure’ […] passerait moins par l’interdit jeté sur la parole dissidente que par la promotion d’une parole conforme aux intérêts des institutions et des groupes qui les dominent »

A découvrir en particulier : la Fondation Bill Gates est LE PREMIER financeur de l’OMS. Ainsi que la conclusion de l’article qui dénombre les 4 types d’acteurs qui ont des intérêts convergents à piloter tout ce qui peut se penser à propos et autour de la Covid.

https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/210221/qui-construit-la-doxa-du-covid

Refus de reconfinement : texte du député Ruffin

Confinement le week-end : Pourquoi je dis « non » à ma préfète
La Somme figure parmi les vingt départements sur la sellette, cités jeudi dernier par le Premier ministre. Aussi, la préfète sonde les élus locaux sur « une mesure de confinement adapté qui pourrait s’inspirer de celle mise en œuvre dans les Alpes-Maritimes. »
J’éprouve une évidente solidarité avec les soignants. Je compatis avec les malades, leur souhaite de recouvrer la pleine santé. J’adresse tous mes vœux de courage, à travers l’épreuve du deuil, aux familles des personnes décédées. Ce virus n’est pas une blague, pas un fantasme, j’ai pu le mesurer dans mon entourage.
Et pourtant, je vais dire « non ».
« Non », au nom même des soignants, des malades, des familles.
Voici les raisons de mon opposition.

  1. Le « robinet » des libertés
    Lorsque le Covid-19 est apparu, l’an dernier, nous étions pris par surprise, et le confinement total fut largement accepté. De mon côté, dans les médias ou en préfecture, je n’ai protesté que sur des modalités, qui me paraissaient de bon sens, pour rétablir de l’humanité : ouverture des parcs, promenades en forêt, ventes sur les marchés, enterrements décents…
    Douze mois plus tard, nous en sommes toujours au point de départ. Et après le re-confinement de l’automne, le couvre-feu à 18 h (qui dure depuis plus de quatre mois !), la restriction des libertés semble, pour le gouvernement, la seule option. Le député en Marche, et médecin, Jean-Pierre Pont, rapporteur du projet « Etat d’urgence », l’a d’ailleurs énoncé à la tribune : « Le confinement, c’est comme un robinet : si on le ferme à fond, c’est très efficace, mais dangereux sur le plan économique. Si, au contraire, on l’ouvre à fond, on court le risque d’un raz-de-marée du virus. Il s’agit alors, et ce n’est pas si simple, de trouver la juste mesure… »
    C’est une mauvaise habitude qui est prise, qui s’installe, de comparer nos libertés à un robinet, d’en faire une variable d’ajustement. Et qui a des conséquences sur la santé elle-même : un tiers des Français se considèrent aujourd’hui « en dépression », 50% des jeunes se disent « inquiets pour leur santé mentale », 30 % des étudiants ont des « idées suicidaires ».
  2. Ne pas relever la « digue »
    « Notre objectif n’est pas d’avoir un nombre de réas extensible à l’infini. » C’est Olivier Véran, le ministre de la Santé, qui déclarait cela le quinze octobre, assurant au passage : « La digue tiendra. » Et un mois plus tard, c’est le Premier ministre qui récidivait, et mentait : « Les soignants ne demandent pas d’augmenter le nombre de lits à l’hôpital, mais ils veulent surtout éviter que les malades arrivent à l’hôpital. » Alors que les soignants, depuis des mois, et même des années, alors que le Collectif Inter-Hôpitaux dans tous leurs communiqués le réclamaient : des lits, bien sûr. Et d’ailleurs, à Amiens, tous les médecins de réanimations sont en grève, un mouvement national, illimité, pour quoi ? Pour exiger des lits.
    Depuis un an, c’est une évidence : le gouvernement n’a pas fait de son mieux pour « relever la digue ». Au contraire : il n’a pas voulu la relever. Malgré la crise, malgré le coût exorbitant de cette crise, il a continué à regarder les dépenses de santé, et en particulier de l’hôpital, comme un coût, et non comme un investissement.
    Il en est de même pour le personnel : où a-t-on entendu un appel, solennel, du président de la République aux infirmiers, aux infirmières, qui ont quitté l’hôpital, qui ont abandonné le métier ? Un « nous avons besoin de vous » ? Jamais. Ce devrait, pourtant, la priorité, l’obsession de nos dirigeants : recruter, recruter, recruter.
  3. Du tout vaccin au sans vaccin
    Comme une éclaircie, les vaccins nous furent, à l’entrée de l’hiver, présentés comme l’arme fatale contre l’épidémie. Président et ministres se lancèrent dans une campagne contre l’ « obscurantisme », contre le « complotisme », admonestant ces Français rétrogrades, « au pays de Pasteur »… plutôt que de gérer l’intendance, plutôt que d’acquérir et produire lesdits vaccins.
    Je me suis rendu, presque chaque semaine, à des comités vaccinaux à la préfecture d’Amiens, avec ce principe simple : « Que les personnes qui veulent se faire vacciner le puissent, et qu’on n’embête pas les autres. » Mais faute de doses, ces réunions perdirent leur utilité.
    Le gouvernement a-t-il fait, fait-il encore, au présent, de son mieux pour que nous ayons des vaccins ? La réponse est non : absolument pas.
    Que se passe-t-il ? Nous sommes dépendants des laboratoires Pfizer, Moderna, Johnson, etc., pour qui les Européens ne sont pas la priorité, les Français encore moins, et sans parler des pays du Sud… Nous avons à notre disposition une arme légale : « la licence d’office ». Et d’ailleurs, l’an dernier, à la fois l’Union européenne, le président Macron et l’Assemblée nationale (à l’unanimité) demandaient que ces vaccins soient reconnus comme un « bien public mondial ». Mais finalement, à la place d’agir, on attend. On attend que les firmes anglo-saxonnes veuillent bien nous fournir.
    En janvier, Sanofi annonçait une concession : « A partir de juillet, des doses de Pfizer seraient flaconnées sur une ligne de production à Francfort. » Trois informations, et trois scandales : pourquoi seulement en juillet ? Pourquoi seulement flaconnées ? Pourquoi seulement en Allemagne ? Mais à la place de hurler, les ministres, eux, complices, se réjouissaient. Et la semaine dernière encore, ce vendredi 26 février, Agnès Panier-Ruhnacher se félicitait : « A partir de septembre, 27 millions de doses seront produites par Sanofi… » Septembre ? De qui se moque-t-on ?
    Cette passivité est inacceptable. Le président a proclamé : « Nous sommes en guerre », mais dans cette bataille, plutôt que de produire cette « arme » au plus vite, plutôt que de mettre en place une industrie de guerre, nous nous plions au calendrier de Big Pharma. Et nos dirigeants préfèrent fermer, dans la durée, bars, hôtels, théâtres, cinémas, restaurants, nous faire vivre une demi-vie confinée, que d’empiéter sur les intérêts des géants de la santé.
  4. Zéro imagination
    « Des équipes d’arpentage épidémiologiques », « le test des eaux usées », « le port de masques FFP2 dans les lieux clos », « des hottes de ventilation dans les lieux de restauration collective… » Plus de 600 scientifiques ont réclamé une « stratégie zéro Covid », proposant des pistes d’actions. Ces solutions sont-elles fiables, viables ? Comme simple député, bien sûr, je l’ignore. En revanche, je peux affirmer qu’elles ne sont nulle part discutées, ni à l’Assemblée nationale, ni dans le comité de mon département, ni dans l’entourage du président.
    Et j’approuve la suite de leur texte : « Les moyens d’action proposés par les chercheurs de différentes disciplines ont été réduits à un unique curseur réglant le niveau de privation de liberté par le confinement. L’autocontrôle par les autorisations de déplacement dérogatoire et l’inutile couvre-feu de 18 heures nous valent d’être la risée de nos voisins, qui titraient dès novembre sur «l’Absurdistan autoritaire». «Et inefficace», faut-il ajouter aujourd’hui. Alors que de nouvelles souches ont fait leur apparition, plus contagieuses et plus résistantes à l’immunisation, il est temps que l’action publique s’appuie enfin sur le débat démocratique et sur des propositions rationnelles préalablement soumises au travail de controverse scientifique. »
    Pour lutter contre l’épidémie, ministres et président n’innovent plus, n’inventent plus rien, ne s’appuient aucunement sur les recherches, sur l’intelligence collective. Ils se contentent du « robinet des libertés ». Il nous faut de l’imagination au pouvoir.
  5. La démocratie à l’arrêt
    Mais ces « pistes », où pourrions-nous en discuter ? Nulle part.
    Depuis un an, les pouvoirs sont plus concentrés que jamais, détenus entre les mains d’un seul homme, entouré de son occulte « Conseil de Défense ». Au nom de l’ « Etat d’urgence », aucun débat ne se déroule à l’Assemblée – dont le président aurait pourtant peu à craindre. Sans parler d’une « Convention citoyenne sur le coronavirus », rassemblant soignants, étudiants, commerçants, etc., et bien sûr scientifiques. L’urgence, l’urgence permanente, l’urgence proclamée, justifie qu’on ne discute plus, qu’on ne décide plus ensemble. « Le Président réfléchit », lit-on dans la presse, et il réfléchit seul, il réfléchit derrière des portes closes, il réfléchit aux « mesures complémentaires » pour les 66 millions de Français, infantilisés. A lui seul, il tranche entre les « commerces essentiels » et les autres activités, secondaires. A lui seul, il accorde un jour par semaine de « présentiel » aux étudiants. A lui seul, il nous fait grâce d’un nouveau confinement national…
    Comme citoyen, je suis blessé, heurté, de cette gestion solitaire, autoritaire. Mais encore, cette tyrannie se révèlerait-elle efficace ! Nullement. Il n’y a plus d’idées au sommet. Et c’est une tragédie, dans un si grand pays que la France, fait de tant d’intelligences, c’est une tragédie d’être privé de ce savoir, de cette invention, et que tout soit réduit à Un, aussi brillant que soit notre Excellent Souverain.
  6. Le travail sacré
    « Pour nous, la partie la plus importante, ce sont les lieux de travail parce que c’est là qu’on sait qu’il y a de la contamination qui reste assez importante… » C’est l’épidémiologiste Vittoria Colizza, de l’Inserm, qui s’exprimait ainsi sur France Inter. Et elle passa à autre chose, à la fermeture des écoles, au confinement le week-end, etc. Ses interviewers, Léa Salamé et Nicolas Demorand, ne relevèrent pas davantage. Comme s’il était désormais admis, communément admis, que les « lieux de travail », même si la « contamination » y demeure « assez importante », on n’y toucherait pas. La culture, on peut la fermer durant une année. Les restaurants, les bars, les endroits de convivialité, idem. Les gymnases, les salles de sport, les clubs de foot et d’à peu près tout, sans problème. Les écoles, à la rigueur, pendant quelques semaines. On peut ordonner aux Français de rentrer chez eux à 18 h, avant la nuit tombée, aussitôt après le travail. On peut exiger qu’ils se confinent, sans voir leurs amis, leurs parents, sans sortir, le samedi et le dimanche, les jours de loisirs. En revanche, « produire » et « consommer » sont essentiels. Le reste, manifestement, notre vie sociale, l’est moins.
    Le premier confinement, bien que violent, fut bien toléré, parce que – à mon avis – ressenti comme exceptionnel : il aurait un début et une fin. Mais aussi comme (plutôt) égalitaire : toutes les activités en pâtissaient. Désormais, alors que – comme l’indique le ministre Bruno Le Maire – « 97% de notre économie tourne normalement », il faudrait sacrifier pour longtemps les 3% restants et tout ce qui, dans nos existences, n’est pas de l’économie.
    C’est un tri que je refuse.
  7. Aucune stratégie
    Re-confiner le week-end, mais pour quoi faire ? Juste pour passer un mauvais moment, en attendant le suivant ? Dans une politique de pas en avant, trois pas en arrière ? Et le couvre-feu, jusque quand ? Quand les salles de cinéma rouvriront-elles ? Quand pour Thierry son restaurant ? Quand mon fils pourra-t-il reprendre son sport, le handball, arrêté depuis presque un an ? Quand ma fille ses cours de guitare autrement que par Zoom ? Quand va-t-on reprendre, avec les copains, nos foots au parc Saint-Pierre ?
    Le gouvernement ne nous offre plus d’horizon. C’est au jour le jour, à la petite semaine, au coup par coup, sans stratégie : la vaccin est-il toujours l’arme fatale ? Si oui, quand les 20% de plus de 65 ans, 15 millions environ, seront-ils vaccinés ? A ce seuil, une vie à peu près normale pourra-t-elle reprendre ? Pourquoi murmurer, alors, que l’an prochain, pour la campagne présidentielle, il sera impossible de tenir des meetings, de remplir des Zénith ?
    Il n’y a plus aucun cap, aucune cohérence, aucune vue d’ensemble, aucun moyen terme. Ou alors s’agit-il d’une stratégie, non dite, tacite : maintenir un Covid à feu doux, qui les arrange. Qui leur permet l’avènement d’un « libéralisme autoritaire » : la liberté pour les entreprises, l’autorité pour les citoyens. Un Etat fauve avec les uns, carpette avec les autres.
    Quoi qu’il en soit : pour toutes ces raisons, et bien d’autres, nous devons désormais dire « non » à cette gestion, « non » à un confinement le week-end, « non » à nos libertés comme variable d’ajustement, « non » à une démocratie mise à l’arrêt, « non » à un pouvoir autoritaire et solitaire, « non » à des mesures décidées dans un bureau de l’Elysée, « non » à l’absence d’horizon, « non » à tant de constance dans l’incompétence.
    Pas un « non » de légèreté, d’irresponsabilité, d’inconscience face au virus. Mais un « non » démocratique, de « revoyez votre copie, et revenez avec des solutions mieux discutées, mieux justifiées », un « non » d’intelligence collective et de solidarité pour sortir de la crise, durablement.

Covid 19 – Syndémie – maladie des inégalités

Alors que le monde approche le million de décès dus à COVID-19, nous devons nous rendre compte que nous adoptons une approche beaucoup trop étroite pour gérer cette épidémie d’un nouveau coronavirus. (…) COVID-19 n’est pas une pandémie. Il s’agit d’une syndémie. (…) Pour limiter les dommages causés par le SRAS-CoV-2, il faudra accorder une attention bien plus grande aux maladies non transmissibles et aux inégalités socio-économiques que ce qui a été admis jusqu’à présent. (…) Le nombre total de personnes vivant avec des maladies chroniques est en augmentation. S’attaquer à la COVID-19 signifie s’attaquer à l’hypertension, à l’obésité, au diabète, aux maladies cardiovasculaires et respiratoires chroniques, et au cancer. (…) Pour le milliard de personnes les plus pauvres du monde actuel, les MNTC représentent plus d’un tiers de la charge de morbidité. La Commission a décrit comment la disponibilité d’interventions abordables et rentables au cours de la prochaine décennie pourrait éviter près de 5 millions de décès parmi les personnes les plus pauvres du monde. Et ce, sans tenir compte des risques réduits de décès dus à la COVID-19. 

(…) La crise économique qui s’avance vers nous ne sera pas résolue par un médicament ou un vaccin. Il ne faut rien de moins qu’une renaissance nationale. Aborder COVID-19 comme une syndémie invitera à une vision plus large, qui englobera l’éducation, l’emploi, le logement, l’alimentation et l’environnement. Considérer COVID-19 uniquement comme une pandémie exclut un tel prospectus plus large mais nécessaire.

Article original du Lancet

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