Le collectif STOP AGRIVOLTAÏQUE CRESSENSAC a été créé par des citoyen.nes au printemps 2025 suite à deux projets d’installations agrivoltaïques sur la commune de Cressensac-Sarrazac. Ceux-ci s’ajouteraient à la méga-centrale photovoltaïque sur terres agricoles de 24 ha exploitée par Photosol
(groupe RUBIS), en service depuis 2014. La commune est déjà très impactée par la traversée de l’autoroute A20 et la proximité de l’aéroport Brive-Vallée de la Dordogne. Aussi la multiplication des centrales solaires en milieu naturel accroit auprès de sa population le sentiment d’un territoire sacrifié.
Depuis la création du collectif et grâce à ses investigations, des nouveaux projets de centrales photovoltaïques sur des espaces naturels ont été découverts. Ce qui porte au nombre de 4 les projets recensés sur la commune.
Plusieurs projets de centrales photovoltaïques sur sols vivants à Cressensac
- Un projet de centrale agrivoltaïque porté par l’industriel allemand EnergieKontor : 7,5 ha (secteur du Colombier) – En Instruction
- Un projet de parc photovoltaïque sur terres naturelles, propriété du Syndicat mixte de l'aéroport, dans une zone de 45 ha classée Ner (zone naturelle définie pour accueillir la production d’énergie renouvelable) dans le nouveau PLUIH – développeur: Société Générale du Solaire - A l'étude
- Un projet de centrale photovoltaïque portée par Solarvia, sur 0,8 ha de prairie dite "délaissé autoroutier" appartenant au groupe Vinci (au Pech Montat) - Autorisé
- Un projet d'installation photovoltaïque de 3 ha sur une ancienne aire de repos de la départementale 820 (propriété du département) en partie boisée, porté par Lencoop - A l'étude
Enfin, plusieurs agriculteurs sont en contact avec un développeur pour un projet d'installation agrivoltaïque sur une zone de 100 ha de terres (secteur gare de Gignac-Cressensac)
Le collectif citoyen s’oppose au détournement des terres naturelles, agricoles et forestières par les industriels de l’énergie. Il défend une production d’énergie solaire sur des surfaces artificialisées, en nombre suffisant à l’échelle du pays1.

Petit historique
Absence de transparence autour des projets
Dès sa création, Stop Agrivoltaïque Cressensac a engagé un bras de fer avec la mairie de Cressensac-Sarrazac afin qu’elle communique sur le sujet publiquement, qu’elle consulte la population compte tenu de l’ampleur des projets et se positionne par rapport à ceux-ci. Lorsque le collectif a interpellé le maire, Habib Fenni, une première fois, en juin 2025, celui-ci s'est retranché derrière le fait qu'il s'agit de projets privés et que la compétence en matière d'urbanisme revient à la communauté de communes CAUVALDOR.
Un mois plus tard, le collectif apprend qu'Energie Kontor, porteur du projet du Colombier, a eu des contacts réguliers avec la mairie depuis 2020, année à laquelle celui-ci l'informe de son projet d'intention. En 2022, le conseil municipal votre un avis favorable à l'étude du projet et demande la mise en place d'une démarche de co-construction avec la population. Cette démarche n'a jamais eu lieu.
Concernant le projet de l'aéroport, l'étude de faisabilité a été présentée en janvier 2024 au comité syndical et adoptée en présence du Président de CAUVALDOR. Les 45 ha de terres naturelles sur Cressensac appartenant au syndicat mixte de l'aéroport seront classés en zone Ner en concertation avec la commune et CAUVALDOR dans le nouveau PLUI-H approuvé en 2025. La même année, le syndicat désigne un comité de sélection de l'opérateur dont Habib Fenni fait partie…
Stop Agrivoltaïque Cressensac fait sortir les élus et porteurs de projet du bois
Dans un article paru le 29 août dans actuLot, le collectif annonce sa décision d'organiser une réunion publique le 11 octobre pour informer la population sur l'ensemble des projets photovoltaïques au sol dans la commune et les communes voisines. Il souhaite également apporter des réponses à toutes les questions de fond que posent les centrales photovoltaïques dans les espaces naturels: détournement de la vocation agricole et artificialisation des terres, atteinte au cadre de vie et à la biodiversité… Ce sera aussi l'occasion pour le collectif de détailler les nombreux enjeux autour du phénomène d'accaparement des terres agricoles par des filiales contrôlées à 100 % par les multinationales de l’extraction fossile comme TOTAL, ENI ou RUBIS qui consolident leur bilan carbone en produisant de l'énergie dite "verte".
Suite à cette parution, la mairie de Cressensac réagit et décide de reprendre la main: elle fera enfin une première réunion publique sur le sujet. Mais seulement deux projets seront à l'ordre du jour. Dans les faits, cette réunion n'a pas "calmé les esprits" comme souhaité, bien au contraire. Peu satisfait des exposés des porteurs de projets et de leurs arguments, et compte tenu de l'intérêt du public venu en nombre, le collectif citoyen maintien son rendez-vous avec tous les habitants intéressés le 11 octobre. Retrouvez la captation intégrale de cette réunion publique ICI

Au centre de l'action du collectif
- surveiller l’émergence des projets
- informer les citoyen.nes sur les projets et leur état d’avancement : porte-à-porte, tractage, affichage, articles de presse…
- sensibiliser la population : conférences-débats, projections de films, stands d’information…
- organiser des rassemblements, des marches pacifiques et lancer des pétitions…
- interpeller les élu.es et tout décisionnaire, présence aux conseils municipaux et communautaires…
- soutenir des associations et collectifs qui défendent les mêmes valeurs (intérêt général, expression démocratique, respect du vivant), qui protègent les biens communs et encouragent leur gestion collective.
Dans le Lot, la production d'énergie solaire sur surfaces artificialisées, toutes installations confondues (toitures, ombrières de parkings, friches industrielles) était de 160 Gwh/an en 2023. L’objectif 2030 est d'atteindre 420 Gwh/an2. Il faudra donc produire 260 Gwh supplémentaires par an, soit d'installer moins de 110 ha de panneaux sur toitures ou sur parkings, c’est à dire 3500 m² par commune et moins de 1,5 ha en 2050 !
1.selon le rapport de l'ADEME de 2019, la France possède un nombre de gisements potentiels de production photovoltaïque sur grandes toitures (123 GW), friches industrielles (49 GW) et parkings (4 GW) qui dépassent largement l'objectif de 100 GW que s'est fixé l'État à l'horizon 2050.
"Évaluation du gisement relatif aux zones délaissées et artificialisées propices à l’implantation de centrales photovoltaïques" - Ademe Transénergie, avril 2019, rapport et synthèse, disponibles sur : https://www.ademe.fr/evaluation-gisement-relatif-zones-delaissees-artificialisees-propices-a-limplantation-centrales-photovoltaiques
2.Selon l’observatoire des énergies renouvelables dans le Lot, n°2, "Le Photovoltaique", en date de février 2024, https://www.lot.gouv.fr/contenu/telechargement/18547/140820/file/Obs-ENR_n%C2%B02_vfinale.pdf
Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac est membre du RRAL
Le Réseau des Résistances et Alternatives lotoises (RRAL) est né à la suite d’une réunion d’information qui s’est déroulée à Prayssac à l’automne 2024. Cette rencontre était destinée à décrire les projets écocides en cours dans le département du Lot.

Ce réseau est constitué d’associations et de collectifs indépendants ayant pour objectif commun de s’opposer à ces projets destructeurs et de chercher à construire un futur désirable. Chaque groupe constituant le RRAL conserve son autonomie, son approche et ses modes d’action.
L'Appel de Montfaucon est l’acte de naissance symbolique de ce réseau.
Dernière carte des projets de centrales photovoltaïques au sol dans le Lot publiée par le RRAL

Lien vers la carte interactive

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