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AG Débat de l’association L' »Ouvre Boîte ». Argentat 13-01

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AG Débat de l’association L' »Ouvre Boîte ». Argentat 13-01

L’ouvre-boîte propose une AG-débat
Lundi 13 janvier 2020 à 20h
Salle Saintangel, jardin public à Argentat

L’association est très légère en terme d’administration.
Ce qui fait que l’assemblée générale sera un débat.

– historique de l’ouvre-boîte, avec rappel des buts et idées de thème
– bilan par rapport à ses objectifs, choix des thèmes, déroulement des
débats, les objectifs que chacun y verrait, comment peut-on faire autrement
– point financier: ça c’est vite réglé !
– rendez-vous fixe plutôt que fluctuant ?
– liens avec la future donne électorale commune, comcom, départ.
– liens avec un groupe “veille”
– toutes vos idées

On trouve les documents relatifs à l’ouvre-boîte (statuts, charte,
débats) ici : https://we.riseup.net/louvreboite

Rappel extrait des statuts :
Cette association a pour objet
• De permettre à chaque habitant d’Argentat-sur-Dordogne et de ses
environs de débattre des sujets de société qui le concernent, en public,
dans des lieux publics, et
• D’organiser des débats contradictoires ne servant aucun intérêt
privé, permettant la libre expression et la confrontation des opinions
dans le respect de la charte annexée aux statuts associatifs.

Voir tous les articles et annonces de l’Ouvre Boîte

Hervé Covès au théâtre de Tulle

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Aimer : comment passer de la fertilité à la fécondité dans la relation que nous entretenons avec la terre ?


TRIBUNES #4 AVEC HERVÉ COVÈS

Dans la civilisation indo-européenne, l’agriculture s’est toujours rêvée sur le modèle du jardin, un paradis clos, isolé et maîtrisé, reléguant la nature au hors-champ, par le recours à des techniques biocides, avec les conséquences que l’on connaît.

D’autres civilisations, pourtant, ont su développer des relations à la nature qui composent d’autres liens et d’autres enchevêtrements, des écosystèmes résilients dans lesquels tous les êtres peuvent vivre en équilibre les uns avec les autres : les cultures amazoniennes et amérindiennes en témoignent, par exemple, par le développement de corridors biologiques et de relations non-hiérarchiques entre les vivants.

C’est dans le sillage de cette conversion à une autre pensée du rapport à la nature que nous cheminerons aux côtés d’Hervé Covès pour cette quatrième tribune qui inaugure l’année en y déposant le secret d’une lumière : « la vie est belle ».

Hervé Covès est ingénieur agronome, il a travaillé au Pôle d’expérimentations de la Chambre d’agriculture de Corrèze. Conseiller expert en trufficulture, il a dirigé notamment la truffière expérimentale de Chartrier-Ferrière et se passionne pour la permaculture, l’agriculture de la fécondité et pour la diversité biologique et les interactions qui unissent les êtres vivants – bactéries, plantes, champignons, animaux. C’est en Guyane, en 2001, dans la forêt amazonienne, à Saül, qu’il vit sensiblement la force d’un autre système de pensée, plus complexe, fondé sur une approche systémique et holistique, et qu’il est saisi par la possibilité d’un autre lien au vivant, fondé sur l’amour. Chercheur infatigable, pédagogue passionné, il rejoint l’ordre franciscain en 2014 et ne cesse de défendre une agriculture sobre, résiliente et aimante.

Voir les vidéos d’Hervé Covès sur la chaine Youtube Citoyliens

Voir les articles sur Hervé Covès dans Citoyliens

Article de RCF

« Souvent on me prend pour un doux rêveur idéaliste, ça ne me dérange pas, mais je n’ai pas tout le temps perçu ma vie comme étant belle, elle a même été très compliquée. » Ingénieur agronome de formation, Hervé Coves accompagne aujourd’hui ceux qui veulent se former à l’agro-écologie et à la permaculture. Son parcours professionnel et spirituel est celui d’un contemplatif. En 2014, à un peu plus de 50 ans il est devenu religieux franciscain, membre de l’ordre fondé par saint François d’Assise, patron de l’écologie.
 

On en est venu à utiliser de la farine animale pour nourrir les troupeaux, « on trouvait ça extraordinaire d’élever des vaches avec de la fiente de poule et de la sciure de bois… » Nourrir le monde à n’importe quel prix : plus tard on l’a payé cher

L’AGRICULTURE, REMISE EN CAUSE D’UN SYSTÈME

C’est l’amour de la nature qui l’a conduit à devenir ingénieur agronome. Lui, l’enfant de pieds-noirs élevé dans une cité HLM de la banlieue de Strasbourg, né en France et éduqué dans l’idée (et le traumatisme) qu’il ne fallait pas trop s’attacher à la terre. À la fin des années 70, il avait déjà un côté militant quand il a commencé à travaille pour une Chambre d’agriculture dans le Limousin. Déjà « les Chambres étaient perçues comme parasitant l’agriculture ». Il se souvient, à ce moment-là, « l’idée c’était vraiment de nourrir le monde ». Et on en est venu à utiliser de la farine animale pour nourrir les troupeaux, « on trouvait ça extraordinaire d’élever des vaches avec de la fiente de poule et de la sciure de bois… » Nourrir le monde à n’importe quel prix : plus tard on l’a payé cher.

La première prise de conscience que quelque chose ne pouvait pas fonctionner dans ce système agricole-là, ce fut lors de la crise de la vache folle. « À partir du moment où un projet sur lequel j’avais travaillé a montré ses limites, je suis suis dit ‘Hervé tu es en train de tuer des gens’. » Hervé Coves confie avoir « vécu avec cette culpabilité-là pendant longtemps… » Prise de conscience aussi, que, dans ce système où les agriculteurs « ne vivent plus de leur métier » (à part sur de très grandes surfaces de plus de 1.000 hectares) mais « des aides et des subventions », on « ne donne plus une vraie valeur aux choses ». Selon lui, le drame pour un agriculteur c’est que le prix de son effort est décidé arbitrairement depuis Bruxelles.


ÉCOUTER ► Perrine et Charles Hervé-Gruyer, des pionniers de la permaculture


« UN JOUR ÇA S’EST IMPOSÉ À MOI : REGARDE COMME LA VIE EST BELLE »

« La campagne ma révélé quelque chose de la beauté du monde. » Il avait 12 ans, quand sa famille a déménagé pour le petit village de Kolbsheim (Bas-Rhin) : là, il a vécu « une renaissance ». « Je vivais en moi cet amour de la terre. » Et le jeune homme peut enfin laisser libre cours à sa passion pour les végétaux. Mais sa conversion, ou plutôt sa « révélation » comme il l’appelle, il l’a vécue des années après, au cours d’un voyage d’étude en Guyane. Une nuit au cœur de la « magnifique » et « effrayante » forêt amazonienne, emplie de bruits tous plus ou moins inquiétants les uns que les autres, Hervé coves est installé dans un hamac et peine à s’endormir. Quand tout à coup une puis deux, puis trois, puis des centaines de lucioles clignotent et se répondent dans un jeu de lumière « féérique ».

« Le monde est un livre extraordinaire dans lequel il y a tant à apprendre », cela il en était déjà convaincu. Mais cette-nuit là en Guyane – Hervé Coves en parle la voix brisée par l’émotion – il comprend que « tous ces insectes, ces singes [qu’il entend] hurler, ces grenouilles qui coassent, ce sont des chants d’amour : je me suis rendu compte à ce moment précis que c’était de ça dont j’avais peur ; ce dont j’avais peur c’était l’amour ». Et ça a « bouleversé » sa vie. « Je me suis détendu dans mon hamac et j’ai vécu une des plus belles nuits de mon existence. » Une « nuit d’amour à communier avec toute cette nature merveilleuse ». Depuis, il a cessé de ronfler et d’être insomniaque, dit-il en souriant. Il en a surtout gardé « la révélation qu’on est dans un monde qui est plein d’amour » et que souvent « les manifestations d’amour nous effraient ».

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