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“Noël : comment faire pour conserver nos traditions sans polluer massivement ?”

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Les fêtes de Noël se précisent. Noël ? Les étoiles dans les yeux des enfants, même dans les yeux des plus grands. Une féerie, dont on a de plus en plus besoin. Et pourtant, les écologistes semblent être contre. Ce n’est pas vrai. Bien entendu.

QUAND NOËL POLLUE

Ce qui pose problème aux écologistes, ce n’est pas la tradition de Noël, les étoiles, les cadeaux, l’esprit solidaire, la gastronomie… c’est l’excès. Noël pollue énormément. Malheureusement. Et au fur et à mesure des années, Noël a perdu une part importante de sa tradition d’origine. Noël est un état d’esprit, un désir d’être, c’est devenu un désir d’avoir. Nous sommes censés nous (re)connecter les uns aux autres, nous imprégner de la saison, de la nature, du groupe, la famille, les amis, les enfants…

“Nous nous sommes collectivement éloignés du sens originel”
Le sapin de Noël des origines symbolise la vie, avec son feuillage persistant, il est l’arbre du triomphe de la nature sur l’hiver. Mais voilà, nous nous sommes collectivement éloignés du sens originel. L’écologie met en garde, le mot n’est pas trop fort, contre cet éloignement, ce manque d’enracinement, de relation sensible au vivant. Les sapins coupés sont bel et bien des « arbres morts ». Le Maire de Malemort, Corrèze, qui a racheté récemment « l’arbre mort » de Bordeaux assure que c’est un « geste engagé ». Cinquante communes françaises avaient proposé de racheter cet arbre hautement polémique. Le maire corrézien affirme que la décision du maire de Bordeaux de remettre en question le sapin traditionnel est « totalement incohérente ». Incohérente ? Vraiment ?

Aujourd’hui, rien qu’en France, près de 6 millions de sapins sont coupés, et jetés. Ils sont un objet de consommation courante et, surtout, massive. Nos filières du bois dédiées aux arbres de Noël cultivent des milliers d’hectares de champs de sapin, à ne pas confondre avec des forêts de sapin. Leur écrasante majorité subit environ dix traitements chimiques par an, et il faut entre cinq et dix ans de traitements pour un sapin “consommable”. Leur monoculture perturbe évidemment les écosystèmes, la biodiversité y est réduite à peau de chagrin. Leur consommation en eau est supérieure aux feuillus. D’ailleurs ces sapins supportent de plus en plus difficilement les sécheresses, qui frappent désormais tous les ans la France, et entraînent des déséquilibres dans le renouvellement annuel de nos cours d’eau. Leur essence est acidifiante, ce qui limite à 80% leur compostage. Leur transport est polluant, sans parler de leurs millions d’emballages plastiques. Bien sûr, certains agriculteurs spécialisés s’organisent pour limiter la casse : moins de traitements, moins de transports, pour relocaliser les filières… Mais le problème est de taille. Il est à l’échelle de nos besoins individuels, foyers et villes décorées.

CHERCHER DES SOLUTIONS

Comment faire, pour conserver nos traditions sans polluer massivement ? Déjà, peut-être, commencer par arrêter de « taper » sur les écologistes. Ils ne sont pas le message, ils ne sont que le messager. Ensuite, chercher des solutions. Consommer moins et mieux, ou autrement, fabriquer un « arbre », avec les enfants, à base de branches uniquement, ou varier les espèces, privilégier le local, le bio, garder les arbres en pot quand on le peut… Pour les villes, cesser de commander des arbres morts pour, à la place, planter sur les places de beaux spécimens, essences locales, qui grandiront tranquillement et retrouveront leur sens profond : celui de la vie. Est-ce inaccessible ? Incohérent ? Dernière chose. Les sapins ont un coût. Celui de « l’arbre mort » racheté par Malemort, à lui seul, a coûté 6 000 euros. Avec un soupçon d’imagination, de savoir-faire local, de connaissance des solutions écologistes, cet argent devient une opportunité de maintenir nos traditions. De les réinventer, les réinvestir. Il est temps de rassembler tout le monde, au lieu de diviser. Et de faire face à la réalité, toujours plus prégnante, de la crise écologique. Avec pragmatisme. Ensemble.

Joyeux Noël à toutes et à tous !

Chloé Herzaft

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2 réflexions au sujet de ““Noël : comment faire pour conserver nos traditions sans polluer massivement ?””

  1. Bonjour,

    Article intéressant auquel je pourrais ajouter ma modeste contribution en revenant précisément à l’essentiel, en commençant par les origines :
    au risque d’en choquer plus d’un ou d’une, la fête de Noël telle que nous la connaiss(i)ons n’a pas grand chose à voir avec la féerie d’un sapin illuminé avec au pied un ou plusieurs cadeaux distribué(s) par le Père Noël (ou non) au terme d’une veillée religieuse et/ou d’un plantureux réveillon, fut-il (sans jeu de mot !) plus frugal, comme celui des 13 desserts pratiqué encore de nos jours en Provence.
    Hors des excès dénoncés ici avec juste raison, je ne crois pas qu’il s’agisse de “comment faire pour conserver nos traditions sans polluer massivement”, mais plutôt de questionner cette ou ces traditions :
    – 1er siècle avant JC : Mithra, divinité perse de la lumière. On faisait une fête le 25 décembre, pour le solstice d’hiver, la naissance de Mithra le soleil invaincu. A cette époque on ne parlait pas de Noël mais de Ne Heol (le soleil nouveau)
    – 4ème siècle, durant le règne de Constantin, le pape “Libère”(c’est vraiment son nom !) récupère cette tradition et en fait une fête religieuse (Jésus = le nouveau soleil)
    – 5ème siècle, début du 6ème, l’empereur Théodose en fait une fête exclusivement chrétienne puis l’empereur Justinien en 529 en fait un jour “chômé”
    – XIIème siècle : premiers “mystères” qui mettent en scène l’adoration des bergers ou la procession des mage
    – XVème siècle : premières crèches d’Eglise en Italie
    – XVIème siècle : apparition des sapins de Noël en Allemagne
    – XVIIème siècle (1694 exactement) : première bûche de Noël, celle que que l’on mettait dans l’âtre ce soir là !
    – XIXème siècle arrivée du Père Noël aux Etats Unis, et répandue seulement après la deuxième guerre mondiale en Europe !
    Fort est de constater que la récupération des fêtes traditionnelles qui avaient du sens en lien avec la nature “païenne” est une œuvre des puissants de ce monde : l’Eglise jusqu’à la révolution puis les marchands qui l’ont fomentée pour récupérer le pouvoir, ont savamment orchestré les sociétés et leur population de façon à les rendre dépendantes de leur idéologie dont nous vivons aujourd’hui l’aboutissement : ils en sont même arrivé à nous faire croire qu’il faudrait conserver les traditions qu’ils ont dévoyées dès la première heure. Aujourd’hui la fête est devenue une fête de famille et des enfants (dans le meilleur des cas), une façon très habile de nous faire consommer allègrement, que ne ferait-on pas pour ses enfants ou faire plaisir à se proches…

    Les sources sur la réelle signification de noël ne sont pas légion mais en voici toujours deux très accessibles :
    https://cybercure.fr/les-fetes-de-l-eglise/avent-noel/noel/article/fete-de-noel-origine-histoire-du-jour-de-noel
    https://www.touteleurope.eu/actualite/les-origines-de-noel.html

    Que la lumière soit !
    Bien amicalement
    Jfb

  2. Bonjour à tous,

    C’est quand même étonnant cet acharnement à vouloir déconnecter Noël de ce qu’il est simplement, à savoir la commémoration d’un fait historique (la naissance de Jésus-Christ) qui a été jugé suffisamment important par des millions d’être humains pendant des siècles pour servir de point de repère à notre mesure du temps !
    Effectivement le fait qu’elle se situe juste après le solstice d’hiver, au moment où les jours commencent tout juste à rallonger, n’est pas un hasard. On peut parler de récupération si on veut. C’est surtout porteur de sens.
    Et le sens originel de Noël, c’est la naissance d’un petit enfant dans l’extrême pauvreté et une grande précarité, dans une jeune famille jetée loin de sa maison par la brutalité de décrets impériaux. Le pape François ne cesse de le rappeler. Alors s’il y a bien aujourd’hui une institution qui répète à temps et à contretemps que la fête de Noël est autre chose qu’une énorme gabegie consumériste, c’est bien l’Eglise Catholique.
    Face à la toute-puissance du marché et de l’argent, certains feraient bien de réfléchir avant d’écrire, et se demander où sont leur vrais alliés. On ne peut plus faire comme ça après la publication de “Laudato Si”. A moins d’être l’idiot utile du capitalisme, qui ne doit sa survie qu’à la division de ceux qui le contestent.
    Sachons voir ce qui nous rassemble : la primauté de l’être sur l’avoir, plutôt que ce qui peut nous séparer.
    A bon entendeur… et que la vraie joie de Noël soit avec vous !

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