St Angel

Conférence sur l'exécution des 47 soldats prisonniers nazis
Le samedi 2 août à 18h aura lieu la présentation de l'ouvrage « MEYMAC les ombres du bois d'Encaux » par ses auteurs Pierre Vignaud (journaliste) et Hervé Dupuy (historien) , avec la présence de Paul Estrade historien, professeur émérite à Paris VIII.
Seront évoquées les fouilles pour retrouver les restes des 47 prisonniers allemands fusillés. Cette histoire connue, car développée dans des ouvrages passés, est revenue dans l’actualité avec les révélations en Mai 2023 du dernier témoin alors maquisard FTP.
Etait-il possible d’éviter cette issue tragique sans provoquer de représailles sur la population alentour comme dans bien d’autres cas en France ou ailleurs ?
Un échange suivra l’exposé des 2 auteurs - Cette conférence est organisée par l'association "Les compagnons de la mémoire vivante"
Meymac, juin 1944. Sur les hauteurs de cette commune corrézienne, des soldats de la Wehrmacht sont détenus par des résistants soumis à un choix cornélien : faut-il les garder ou s'en débarrasser ?
Un ordre survient qui mène à l'exécution de quarante sept prisonniers.
Un silence de mort tombe sur le bois d'Encaux ce 12 juin 1944.
En mai 2023, le dernier témoin de cette funeste journée, Edmond Réveil, livre des révélations sur cette exécution, ce qui oblige la France à entreprendre des fouilles pour rendre les corps à l'Allemagne.
Difficultés, polémiques, silences, prises de conscience...
Quatre-vingts ans après les faits, marqués au fer rouge, chercheurs, héritiers et témoins cherchent des réponses...
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Merci d’être venus nombreux ce soir d’été où il est contre-nature de s’enfermer dans une salle ou sa chaumière, et pour certains d’avoir fait une parenthèse dans leurs vacances…
Merci aussi aux 2 auteurs de l’ouvrage « Meymac:, les mystères du bois d’Encaux » d’être venus jusqu’à nous (vente ouvrage à dispo. tout à l’heure), ainsi qu’à Paul Estrade que nous sommes ici heureux de retrouver parmi nous après toutes ses conférences au fil des ans qui ont accompagné les « Compagnons » depuis leur naissance il y a 12 ans lors des 70 ans du programme du CNR. Sans oublier Mouny dont le sourire ne nous quitte pas. Paul pourra apporter son éclairage et sa connaissance comme il l’a fait pour l’ouvrage qui fait l’objet de cette soirée.
Il s’agit certes de traiter à nouveau de la Résistance. Mais sous un angle totalement différent que d’évoquer par exemple les belles figures locales de Lanot ou Guingouin et les actions déterminantes qu’ils conduisirent avec leurs hommes pour en finir avec la bête nazie . Que de sacrifices allant jusqu’à la mort pour ces clandestins qualifiés de « terroristes » et traités comme tel par la soldatesque teutonne!
Aussi quand la sphère médiatique a relayé les états d’âme à Meymac du FTP de 98 ans, et qu’à la suite de nouvelles fouilles furent entreprises pour retrouver les restes des soldats de la Wermarcht fusillés par la Résistance, des hypothèses malveillantes pouvaient légitimement se faire jour dans les esprits, surtout chez le citoyen lambda qui ne connaît que très superficiellement l’Histoire, notamment que des ouvrages avaient déjà évoqué le sujet…il avait certes entendu parler des exactions nazies comme à Tulle ou Oradour ou Mussidan ou Ussel…mais pas de prisonniers sans défense fusillés par des Résistants! et s’il ne reste qu’à la surface des évènements il ne sait pas que l’armée allemande, quelles que soient ses unités, SS ou autres, traitait sans ménagement les Résistants qu’elle appelait « terroristes » : tortures, executions, déportation…était le quotidien. Avec pour objectif d’isoler la Résistance de la population dont notamment les paysans qui les ravitaillaient, l’armée allemande raflait les civils pour les éxécuter, Voire en Limousin les exactions de la division Brehmer… ainsi pour accéder au village martyr d’Oradour on traverse un passage souterrain dans le Mémorial et on voit, avant les photos individuelles des victimes, les mêmes clichés des exactions abominables en Biélorussie et autres contrées traversées par les hordes nazies,,,
C’est pour combattre les ambiguités génératrices de fausses interprétations que nous avons mis sur pied cette initiative, Il ne saurait en effet y avoir aucune ambiguité chez celles et ceux qui ont des notions lacunaires et vagues de l’Histoire, Il y va de l’honneur de la Résistance et de ses acteurs dans toute ses composantes.
Sur ce point je ne vais pas épiloguer sur ceux qui font de l’Histoire des histoires qui fleurent bon le révisionnisme, Le livre de nos amis auteurs apporte sa pierre en évoquant aussi par exemple la belle figure bien trop méconnue de Fertig dit Hanibal, avocat qui défendit après-guerre devant le tribunaux des camarades traités comme des bandits de grands chemins, tel Guingouin ou le commandant Soleil en Dordogne. Et ce alors que des collabos pouvaient continuer leurs exactions et leur carrière tels des flics, juges et médecins pétainistes de Limoges…
Encore qq mots avant de laisser nos amis auteurs nous dévoiler les mystères du bois d’Encaux : il s’agit de la venue à Meymac chez le Résistant centenaire de la petite-fille d’un fusillé. Elle nous dit benoîtement que son grand-père était un homme ordinaire, apprèciant les paysans français qui cultivaient la terre comme lui…je reste quant à moi dubitatif en pensant que tant de petit-fils et petite-filles allemands pourraient débiter sincèrement le même babille…je suis d’accord avec les psychanalystes allemands: le couple Mitscherlich : dans leurs ouvrages ils développent le concept de « l’impossibilité du deuil » face au passé nazi, En 68 la nouvelle génération, au travers de la révolte étudiante, demandait des comptes à leurs pères coupables des plus grands crimes de l’Histoire. Ils avaient construit et suivi le nazisme, et comme soldats ils avaient tué les gens aveuglément…
N’est-il donc pas préférable de mettre en avant les allemands qui se sont engagés dans la Résistance? Les « Compagnons » sont en lien avec le réalisateur Daniel Kupferstein, à qui nous avons communiqué des éléments pour la substantifique moelle de son film. Bien sûr nous ferons de notre possible pour sa vulgarisation en Corrèze…
Merci enfin à l’Anacr Ussel qui nous a prêté sa sono, porte-voix qualifié pour la Mémoire, et à notre ami Gwenael de l’association Citoyliens, dont le site internet a pour but de faire connaître les initiatives festives et culturelles en Corrèze et nord du Lot.