Festival de cinéma “Changer la fin” #2

L'équipe du festival de cinéma "Changer la fin" nous présente le programme de cette seconde édition en l'accompagnant du texte suivant :

"Cette année jusqu'où allons-nous pour affûter nos désirs, tenaces face aux écrous, et nous laisser enseigner ? À Gaza et en Cisjordanie, sous une cabane en bois devant le Centre Administratif de Paris, à bord du bateau de SOS Méditerranée, en haute montagne entre loup et agneaux, en plein champ aux corbeaux, aux portes du futur, au pays de la famille, de l'enfance, de la vieillesse, dans le quartier du Pont-Rompu à Tourcoing, dans une cité ouvrière de Grande-Synthe, au coeur du scandale sanitaire du chlordécone en Martinique, dans la méditation sur la colonialité de l'image… Sans oublier :

  • l'expo "l'art de résister", un bazar collectif ;
  • le DJ set "gants de boxe et graines de Sumud",
  • la table ronde "décolonisons nos regards",
  • le ciné-concert à la (re)découverte de Maya Deren…

En résumé, venez ! Retrouvons-nous ensemble. Programmation détaillée ci-dessous"...

Le festival de cinéma "Changer la fin" ce sont des projections À PRIX LIBRE ... au profit du fonds Masharawi (cinéastes de Gaza), de Corrèze Solidarité (collectif de soutien aux personnes exilées) et pour couvrir les frais logistiques

Buvette et restauration sur place (locale et végétarienne)

Séances du vendredi 3 octobre

Contre champs de la rétention - film d'Annick Redolfi

14h00 : DEVANT - Contrechamp de la rétention, d’Annick Redolfi – 1h18
suivie d’un échange avec la réalisatrice animé par les élèves de terminale MELEC &AGOrA du lycée professionnel René Cassin de Tulle en partenariat avec l’OCCE19 (Office Central de la Coopération à l’École de la Corrèze) et Peuple et Culture Corrèze
Pauline, Norah, Kristina attendent pendant des heures, assises sous une cabane en bois perdue au fond du bois de Vincennes. Devant le Centre de rétention administrative (CRA) de Paris, toutes sont venues voir leur proche enfermé. Des vies suspendues à l’attente de leur expulsion ou de leur libération. Sur cette scène, ces femmes se racontent, échangent entre elles, partagent avec les nouveaux visiteurs leur expérience, leur révolte, leurs rêves. Elles sont le miroir de la rétention, son contrechamp. Leurs mots dessinent le paysage d’une zone de non-droit en France, où la violence, l’arbitraire et l’injustice règnent en maîtres.

16h00 : goûter partagé

Film Save Our Souls, de Jean-Baptiste Bonnet

18h00 : Save Our Souls, de Jean-Baptiste Bonnet – 1h31

suivie d’un échange avec avec Corrèze Solidarité (séance au profit du collectif)
Après un sauvetage à hauts risques au large de la Libye, naufragés et sauveteurs vivent ensemble sur le bateau de l’ONG SOS Méditerranée, dans l’attente d’un port d’accueil. Ce temps à bord est le premier refuge des rescapés. Avec les sauveteurs, se tisse une relation faite d’écoute, de soin et de présence.

21h00 : Un pasteur, de Louis Hanquet – 1h10 - suivie d’un échange

Film Un pasteur, de Louis Hanquet

Félix, jeune berger mélancolique et secret, mène une vie atemporelle, dans un monde minéral et inaccessible où rôde une menace invisible : le loup. La solitude nimbe ses journées dans la montagne faites de soins aux agneaux, de clôtures à poser et de poésie.

Séances du samedi 4 octobre

10h00 : Nuisibles, de Paolo Jacob – 37 min

suivie d’un échange avec le réalisateur
Pour les corbeaux, les champs de maïs sont comme d’immenses mangeoires à ciel ouvert. Les futures récoltes s’envoleraient en quelques heures si Fanny ne faisait pas acte de présence du lever au coucher du soleil, tel un épouvantail vivant.

11h15 : Les Portes du Futur, docufiction de Lisa Di Giovanni, 2022, 38 min, vf

Les Portes du Futur, docufiction de Lisa Di Giovanni, 2022

suivie d’un échange avec la réalisatrice - Aux abords du Futuroscope se trouve la zone commerciale la plus étendue de Poitiers : Les Portes du futur. Derrière les routes et les bâtiments en tôle blanche se cachent des chemins, des terrains laissés en friche et de petites habitations. Les Portes du Futur ouvre une brèche vers des vies effacées par la périphérie de la ville où le quotidien combine adversité sociale et liberté.

12h00 : Parfum foncé film de Lisa Di Giovanni, 2024, 27 min, vf

Mandoo est vagabonde et explosive. Elle se fond difficilement dans la société, ce qui lui offre une grande liberté mais lui pose aussi des obstacles. Elle parcourt les villages et campagnes de Charente-Maritime pour découvrir comment nos déchets sont traités.

       

14h00 : Qu’est-ce qu’on va penser de nous ?, un documentaire de Lucile Coda, 2023, 1h09, vf

Qu’est-ce qu’on va penser de nous ?, un documentaire de Lucile Coda

“Il a été ouvrier, cantonnier, balayeur. Elle a toujours été secrétaire. Mes parents s’inquiètent. Pourquoi n’ai-je pas de travail après de longues études si chères ? En mêlant le récit autobiographique à des instants de vie familiale, je tente de retranscrire le chemin parcouru entre rêves d’ascension sociale et désillusion”.

   

16h00 : Pont rompu (souvenirs d’une rénovation urbaine), de Leïla Habchi et Benoît Prin – 1h03 -

Pont rompu (souvenirs d’une rénovation urbaine), de Leïla Habchi et Benoît Prin

suivie d’un échange avec la réalisatrice
Dans le quartier du Pont Rompu à Tourcoing, un projet de rénovation urbaine bouleverse la vie des familles arrivées ici depuis parfois plus de cinquante ans. Pendant 10 ans, au rythme des travaux de démolition, du départ forcé de certains et de la transformation du paysage urbain, le film tente de tisser avec ses habitants un lien entre le passé et l’avenir d’un quartier populaire.

   

18h00 : Women From Ground Zero, de Rashid Masharawi - 40 min - vostf

Women From Ground Zero, de Rashid Masharawi

suivie d’un échange avec l’AFPS Corrèze - Collection de sept courts-métrages réalisés par des femmes, issues du projet From Ground Zero initié par Rashid Masharawi, (réalisateur palestinien originaire de Gaza) pour donner la parole à celles et ceux qui y vivent. À travers leurs courts métrages, ces réalisatrices offrent un regard intime sur le quotidien de leurs vies à Gaza pendant le génocide.

     

20h00 : No other land, documentaire palestino-norvégien de Basel Adra, Hamdam Ballal, Yuval Abraham et Rachel Szor, 2024, 1h35, vostf

No other land, documentaire palestino-norvégien de Basel Adra, Hamdam Ballal, Yuval Abraham et Rachel Szor

suivie d’un échange avec André Rosevègue (membre de l’Association France Palestine Solidarité et de l’Union Juive Française pour la Paix)
Depuis plus de 5 ans, Basel Adra, activiste palestinien, filme l’expulsion de sa communauté par l’occupation israélienne qui détruit progressivement les villages de Cisjordanie et en chasse ses habitants. Il rencontre Yuval, journaliste israélien, qui le soutient dans ses démarches. Une amitié inattendue voit le jour. Ce film réalisé par un collectif palestino-israélien se pose comme un acte de résistance et de justice

   

22h30 : DJ Sneksnarc, “gants de boxe et graines de Sumud” – 1h

Séances du dimanche 5 octobre

10h00 : Le Festival des enfants

Sélection de 10 courts-métrages aux formes et aux sujets variés pour faire rire et réfléchir les enfants (suivi d’un atelier jeune public salle Latreille bas).

    

    

11h00 : L’art de vieillir de Jean-Luc Raynaud – 1h16

Film L’art de vieillir de Jean-Luc Raynaud

suivie d’un échange déchaîné avec Frédérique Perrin
L’Art de vieillir se propose de balayer les idées reçues qui nous bouchent l’horizon. Ils existent, ces vieux sans vieillesse, ces vieux fous, ces vieilles folles, ces vieux amoureux, comme des funambules sur le fil du temps. La vieillesse est humaine. Peut-être n’y a t- il rien de plus humain. Il y a tout un art à trouver pour cette humanité-là. Elle est la nôtre. Elle le sera, tôt ou tard. Ce film conjure l’image d’Épinal qui fait de la vieillesse un naufrage.

   

14h00 : Décolonisons l’écologie, d’Annabelle Aim, Cannelle Foudrinier et Jérémy Boucain - 1h10

Film Décolonisons l’écologie, d’Annabelle Aim, Cannelle Foudrinier et Jérémy Boucain

Basé sur l’analyse de Malcolm Ferdinand dans le livre "Une écologie décoloniale – Penser l’écologie depuis le monde caribéen", le documentaire va à la rencontre des acteurs sociaux, écologiques, culturels et agricoles de Martinique pour interroger le patrimoine écologique de l’île au regard de la crise du chlordécone. Les trois réalisateur.ices livrent un film édifiant qui, en filigrane, tente de répondre à la question : “Pourquoi les luttes écologistes sont indissociables des luttes antiracistes ?”.

   

15h30 : Exil à domicile, de Leïla Habchi et Benoît Prin – 52 min

Exil à domicile, de Leïla Habchi et Benoît Prin

Alors jeunes mères de famille algériennes, Baktha, Houriaet Messaouda émigrent en France au début des années 60. Trente années ont passé, la majeure partie de leur vie s’est déroulée à Grande-Synthe, une cité ouvrière du Nord de la France. Leurs témoignages font resurgir l’Histoire et dépasse les discours simplistes sur l’intégration ou l’Islam en les replaçant dans une réalité complexe et multiforme.16h30 : Qu’il regarde, court métrage de Michaëla Danjé, 2025, 22 min, vf

   

16h30 : Qu’il regarde, de Michaëla Danjé – 22 min

Qu’il regarde est une méditation sur la colonialité de l’image et de la position de filmeur,à partir d’archives de films amateurs, entre le nord de la France et les caraïbes dites françaises.

  

   

  

17h00 : Table Ronde “ Décolonisons nos regards ” (à la lumière des trois films de l’après-midi)

L’idéologie coloniale n’a jamais pris fin. À voir comment ses logiques se déploient aujourd’hui en France aussi bien à travers les politiques migratoires, les représentations médiatiques et culturelles, les instruments de contrôle étatique (police, justice), les activités économiques de type extractiviste. À voir aussi quelles relations la France entretient avec l’Algérie, les Antilles, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie Kanaky, Haïti...

À voir encore son niveau de complicité de génocide à Gaza et de répression des voix qui le condamnent. À voir, mais que nous donne-ton à voir justement ? À part le fait colonial tel qu’il est pensé et raconté dans notre grand récit national, en perpétuel adaptation. Comment porter un regard sans complaisance sur notre histoire si ce n’est en acceptant de se décentrer et de se laisser enseigner grâce au miroir tendu par ceux et celles qui subissent le colonialisme et le racisme ?

Une table ronde animée par Ménal Kerkoub et Caroline Cranskens, en présence de :

  • Leïla Habchi : alterne les casquettes d’auteure-réalisatrice/cadreuse/productrice/éducation à l’image. Avec Benoît Prin, elle co-fonde le collectif Vidéorème en 1991 à Roubaix. S’inspirant de la méthodologie et de l’éthique des Ateliers Varan, il-elle mettront en place des ateliers de réalisation documentaire dans les quartiers populaires de la métropole lilloise et poursuivront ce travail de transmission au sein de l’association Étouchane.
  • Michaëla Danjé : née dans le Nord de la France, et d’origine guadeloupéenne. Cofondatrice et membre du collectif noir militant Cases Rebelles. Chercheuse indépendante, écrivaine, essayiste et artiste multidisciplinaire, elle travaille sur les questions queer noires et sur les enjeux d’image,de visualité et de contre-visualité. Elle a écrit au sein du collectif Cases Rebelles 100 portraits contre l’état policier, Le Feu qui craque,contribué au livre AfroTrans et co-réalisé le documentaire Dire à Lamine.
  • André Rosevègue est retraité de l’enseignement public, membre de la coordination nationale de l’Union Juive française pour la paix et de Palestine 33, groupe AFPS de Gironde. Il participe au groupe inter-assos AFPS-AURDIP-UJFP sur les manuels scolaires. Il a coordonné le “Guide du Bordeaux colonial” et contribué à plusieurs livres, dont Parcours de Juifs antisionistes en France

  

20h00 : Ciné-Concert “ à la (re)découverte de Maya Deren, femme libre, artiste radicale – 40 min

(collectif corrézien KinetoniK) - Maya Deren dans Ritual in transfigured time

Maya Deren dans Ritual in transfigured time

Maya Deren naît au printemps1917 à Kiev, ville faisant alors partie de l’Empire russe, dans une famille juive, avant d’émigrer aux États-Unis en 1922 où elle deviendra une personnalité majeure du cinéma expérimental des années 1940. Ses nombreux courts-métrages,marqués par le surréalisme, la danse, l’ethnologie et la psychanalyse, ont influencé des générations de cinéastes, notamment David Lynch, et des générations de musiciens, dont le collectif corrézien KinetoniK, tombé sous le charme de ses images hallucinantes. Plongez dans son univers avec Meshes of the afternoon (1943, 14 min) et At land (1944, 15 min) ou comment finir le festival en transe visuelle et sonore !

FESTIVAL DE FILMS 'Changer la Fin" - 3, 4 et 5 octobre 2025 - Salle Latreille - Impasse Latreille, Tulle

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