Marcelle Delpastre (1925–1998) a passé presque toute sa vie dans le hameau de Germont, près de Chamberet, en Corrèze. Elle y a cultivé la terre et composé une œuvre considérable : poèmes en français et en occitan limousin, mémoires en sept volumes, travaux ethnographiques sur la civilisation paysanne du Limousin. Une œuvre longtemps confidentielle, dont la réception ne cesse pourtant de s'élargir, notamment depuis le centenaire de sa naissance célébré en 2025.
Citoyliens vous propose de la découvrir ou de la retrouver à travers trois vidéos complémentaires.
1. La conférence : « Les lourdes chaînes de la liberté »
Jean-Pierre Cavaillé, docteur de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, consacre cette conférence à un paradoxe qui traverse toute l'œuvre de Delpastre : avoir choisi de rester — à la ferme, au lieu, à la langue — non pas par obligation ou résignation, mais comme acte de liberté. S'appuyant largement sur les mémoires de l'écrivaine, il en dégage une pensée exigeante sur la création, sur le rapport de l'auteur à son œuvre, et sur ce que signifie « devenir soi » dans un lieu que le monde regarde comme un angle mort. La conférence replace également Delpastre dans les débats contemporains : écopoétique, condition féminine, langues minoritaires, rapport entre culture savante et culture populaire.
2. Sur les lieux, avec Jan dau Melhau
La deuxième vidéo, réalisée par Anne Reversat, nous emmène à Germont même. Jan dau Melhau, légataire testamentaire de Marcelle Delpastre et artisan principal de la publication posthume de son œuvre, évoque sur place celle qu'il a longuement connue. Un témoignage ancré dans le paysage et dans la mémoire directe, qui donne à voir le cadre concret dans lequel cette œuvre a pris forme.
3. La soirée-hommage de 2005
Toujours filmée par Anne Reversat, cette troisième vidéo restitue intégralement la soirée organisée à Chamberet le 2 septembre 2005 pour le 80e anniversaire de la naissance de Delpastre. Jan dau Melhau y introduit l'art poétique de l'écrivaine ; des extraits de films sont projetés en présence des réalisateurs Patrick Cazals et Christelle Le Dortz ; Bernat Combi et Jan dau Melhau lisent des textes en duo. Le public, nombreux, témoigne d'un attachement vivace à cette figure corrézienne, limousine, que ses lecteurs qualifient volontiers de « cosmique ».
Co-organisatrice : La société Historique et Régionaliste du Bas-Limousin
La Société Historique et Régionaliste du Bas-Limousin — dont l'appellation « Bas-Limousin » désigne l'ancien nom d'Ancien Régime de l'actuelle Corrèze — a pour vocation l'étude, la conservation et la transmission du patrimoine corrézien dans ses dimensions historiques, archéologiques, architecturales, littéraires et linguistiques, avec une attention particulière portée à la langue limousine et aux traditions populaires.
Elle est l'héritière d'une revue félibréenne fondée en 1892, relancée en 1961 par le professeur Robert Joudou sous le titre Limouzi, et dont elle assure la continuité depuis lors. La revue, généraliste et thématiquement diverse, paraît deux fois par an.
Outre cette publication, la société met à disposition du public un fonds documentaire et archivistique important, accessible à son siège de La Solat, et développe actuellement des outils numériques en partenariat avec l'Université de Toulouse. Elle parraine également des conférences en lien avec son domaine d'activité, dont celle-ci.
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