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St Martin la Méanne – Refus d’un poulailler industriel

Christiane et Jean-Pierre Combe
8 impasse des Couailloux – Lavastroux
19320 Saint-Martin la Méanne

Le 17 août 2020

à M. ou Mme la Rédactrice en chef de « La Montagne »,

Le journal « La Montagne » d’aujourd’hui lundi 17 août 2020 présente deux pages sur ce qui semble vouloir être une nouvelle façon d’être agriculteur.

L’exemple mis en avant pour la Corrèze est choquant : il ne correspond pas du tout à ce que de nombreux Saint-Martinois souhaitent pour leur commune. Une première raison est que le GAEC présenté va implanter une unité de production industrielle d’œufs avec 20000 poules !

Je joins ci-dessous, pour de plus amples informations, l’étude du projet que nous avions faite en février dernier, et qui n’a rien perdu de son actualité.

Déjà dans nos écoles d’agronomie, l’enseignement fait une place de plus en plus large à des techniques de culture infiniment moins gourmandes en eau, sans utilisation d’intrants chimiques ni d’OGM, et donc beaucoup plus respectueuese des hommes, de l’environnement et des sols. Le modèle agricole présenté là pour la Corrèze est archaïque et suranné ; en cette période de COVID-19, on doit rappeler que de nombreux scientifiques considèrent que la multiplication des élevages industriels est une cause de l’augmentation future du nombre de pandémies.

Cordialement.

Document : étude de février 2020- Association La Méanne

Projet de poulailler industriel 20000 poules à St-Martin-La-Méanne : Pourquoi nous n’en voulons pas

Préserver notre identité : Le projet de poulailler industriel détruirait notre identité de territoire en lui substituant une identité industrielle, uniformisée, sans particularité régionale. Ce qui serait produit sur place – des œufs – serait expédié par camions loin des habitants selon les besoins de la grande distribution. Une telle installation n’a rien à faire dans notre région traditionnellement agricole de jardins, vergers, champs, prairie, haies et bois à taille humaine. La vallée de la Dordogne a obtenu un titre honorifique de site classé dans le patrimoine de l’UNESCO, ce n’est pas pour accueillir des usines dont l’odeur vous saisit à la gorge.

Préserver les paysages, préserver la beauté des sites : Nous, habitants de la région, souhaitons conserver le cadre relativement préservé dans lequel nous vivons. Ce que l’œil percevrait dans ce bâtiment de 105 mètres de long, c’est le visage de la mort.

Préserver les espèces animales environnantes : Avec 20000 poules concentrées, le site attirerait martres, fouines, renards qui seraient bientôt déclarés nuisibles et chassés en masse. Si les extérieurs du bâtiments étaient éclairés la nuit, ce serait une pollution lumineuse dans les couloirs migratoires.

Non au gigantisme : Nous sommes contre l’industrialisation à la campagne, que ce soient pour des veaux, des vaches, des cochons, des volailles. Il est possible de faire faire des produits sains par des petites structures.

Créer une agriculture de paysans : C’est à cause de ces projets industriels programmés au ministère que les paysans disparaissent et que les sols sont stérilisés. Nous voulons une agriculture vivrière qui n’empoisonne pas les gens et qui créée dix fois plus d’emplois qu’aujourd’hui. Au nom de la sécurité alimentaire, la FNSEA affirme qu’il est impossible de se passer du modèle industrialisé. C’est un mensonge ! Avec seulement 15% de la S.A.U. (Surface Agricole Utile) on nourrit les Français en fruits et légumes, ce qui constitue la base de l’alimentation saine. Reste 85% pour les céréales et la viande. Chaque ferme peut tourner avec animaux, cultures et bois avec de la force humaine sans se tuer à la tâche comme au XIXè siècle.

Éliminer la souffrance animale : Ce que l’on fait aux animaux, on le fait aux humains. Le coupage des becs, les poussins broyés sont des pratiques issues d’une logique comptable : celle qui aboutit au crime contre l’humanité. Peu importe les effets d’annonce sans cesse renouvelés comme quoi on supprimera ces pratiques « bientôt » ou « à l’avenir ». Nous ne cautionnerons jamais l’élevage de masse, nous n’en voulons pas.

Notre liberté de ne pas être pollués : Les nuisances d’un tel projet sur la vie locale seraient considérables : visuelle, olfactive et auditive avec les cris des animaux et les transports par camions (deux enlèvement des œufs par semaine ?). Plus loin, les fientes seraient séchées puis épandues à Tessonières, sur la commune de Marcillac la Croisille. C’est notre liberté que nous défendons : celle de ne pas être pollués par d’autres pour assouvir leur avidité.

Éviter la pollution de l’eau : Le site choisi est une ligne de partage des eaux. Le nettoyage des installations, leur essuyage par les eaux pluviales produirait une pollution des divers rus dans toutes les directions. Nous ne tolérerons aucune pollution de l’eau.

Préserver la ressource en eau : Le promoteur a besoin d’eau pour faire fonctionner son installation : jusqu’à 12 m3 par jour pour seulement l’abreuvage des volatiles, pile au moment des fortes chaleurs quand l’approvisionnement communal est tendu. Il compterait forer un ou plusieurs puits (un déclaré minimum) et voudrait se connecter au réseau communal « au cas où ». Il n’est pas question que son installation accapare les ressources des nappes phréatiques, obère notre sécurité d’approvisionnement en eau potable et nuise à sa qualité. Nous ne laisserons pas faire ça. Nous travaillerons à préserver la continuité écologique de notre territoire. Du point de vue de la gestion de l’eau communale, nous ne rajoutons pas de la consommation pour une agriculture qui nous écrase la gueule.

Ne plus vivre dans le mensonge : L’industriel vient mettre une usine industrielle dans notre espace rural pour pouvoir apposer le label « élevé en plein air » sur ses emballages d’œufs. Cette installation devrait être logé dans une zone industrielle. Avec ce projet, elle se retrouverait chez nous dans un espace de campagne jusque là relativement préservé. Quelques volailles sous la hêtraie clôturée feraient une belle photo mensongère sur les étiquettes, les acheteurs croyant se procurer des produits de qualité, des animaux élevés dans des bonnes conditions. Nous ne voulons pas être les partenaires de ces mensonges du manger « local » alors que ce sont des horreurs alimentaires qui sont créées.

Conserver les terres accueillantes : Avec un tel projet réalisé, nous ne pourrions plus aller dans ces espaces si beaux aujourd’hui. Ils seraient condamnés, pour des générations.

Faire évoluer les règlements : Le projet de poulailler industriel est dimensionné à 20000 poules pour pouvoir passer en simple « déclaration » auprès de la Préfecture. Au-delà, il faudrait une « autorisation ». Mais il n’est pas interdit de faire plusieurs projets à 20000 poules… Nous voulons faire évoluer la réglementation pour que ce genre de projet passe par une enquête publique a minima, de façon à ce que la population puisse en évaluer l’impact potentiel.

Liberté d’entreprendre contre liberté de ne pas être pollués : Nous nous opposons à la liberté d’entreprendre de ces promoteurs d’un projet de poulailler industriel à 20000 poules sur la commune de St-Martin-La-Méanne. Nous lutterons pour notre liberté à ne pas être pollué par un petit nombre de gens qui voudraient saccager notre milieu en nous faisant prendre leurs croyances pour des vérités. Non cette agriculture n’est pas indispensable, au contraire, elle nuit à la collectivité, nous n’en voulons pas.

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