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VMC double flux, bonne idée ?

Le but de cet article est de vous faire réfléchir. J’écrirai régulièrement pour les Citoyliens des articles sur les questions d’écologie et de développement durable. Il n’est pas facile de déterminer si quelque chose est durable ou non. Cela dépend de la définition que vous donnez au mot “durable”. Si la durabilité se résume à l’économie d’énergie, alors chaque maison devrait être équipée d’une VMC double flux. Un système de ventilation avec récupération de chaleur.

Dans cet article, je souhaite attirer l’attention sur l’aspect problématique de ce système. Dans une maison à ventilation simple flux, l’air est extrait par la salle de bain, les toilettes et la cuisine. L’air frais est amené par des grilles. Ces grilles se trouvent souvent dans le cadre de la fenêtre. Le problème est que dans cette situation, vous évacuez l’air chaud de la maison et l’air froid de l’extérieur entre directement dans la maison. En été, l’air chaud entre directement. Dans cet article, je me concentre exclusivement sur la situation hivernale. L’extraction d’air chaud est une perte d’énergie. C’est pourquoi la ventilation à double flux a été conçue. L’air entrant est maintenant réchauffé par la chaleur de l’air sortant.

image éréo energies

Beaucoup de tubes

Concrètement, cela signifie qu’il faut beaucoup plus de conduites. L’air est aspiré de l’extérieur en un point central et doit ensuite être amené dans chaque pièce. Tout l’air que vous respirez dans la maison est donc d’abord passé par un appareil, puis par un tube. Cela n’améliore pas la qualité de l’air. En fait, je dirais même que la mauvaise qualité de l’air rend malade. En général, la qualité de l’air en Corrèze est bonne. En 2015, le département a même remporté la première place pour la qualité de l’air. L’air de ventilation doit donc être prélevé directement à l’extérieur si vous habitez en Corrèze.

Respirer par un tube, jour après jour

Pour bien visualiser le problème, j’ai réalisé le photomontage ci-dessous. Vous habitez en Corrèze, mais tout l’air que vous respirez passe d’abord par un appareil, puis par plusieurs mètres de tuyaux en PVC. Il y a un filtre devant, mais il n’y a aucun moyen d’empêcher la saleté de s’accumuler dans les tubes au fil des ans. En effet, les tubes sont impossibles à nettoyer. Le PVC contient également un plastifiant qui rend les tuyaux flexibles. Ce produit chimique s’infiltre dans l’air soufflé. Enfin, les ions négatifs de l’air sain de la forêt sont neutralisés par les champs électriques du ventilateur. Nous devrons chercher des alternatives.

Quelle est la perte de chaleur réelle ?

Pour comprendre le problème, il faut faire un peu de calcul. Je suggère de calculer avec ‘W continu’ au lieu de ‘kWh par an’. W continu est un nombre plus petit que vous pouvez mieux imaginer. Pour calculer la consommation continue, il faut diviser les kWh/an par le nombre d’heures de l’année. 1000 kWh/an correspondent alors à 115 W en continu.

Si l’on suppose une température extérieure moyenne de 15 degrés en France et une température intérieure de 20 degrés, la perte de chaleur par la ventilation d’une maison de 100 m2 est d’environ 275 W en continu. J’en déduis la puissance de 40 W du ventilateur. Un réfrigérateur moyen consomme 25 W en continu. Une machine à laver consomme environ 15 W en continu. Une VMC double flux consomme donc autant que le réfrigérateur et la machine à laver ensemble.

Pour les 235 W de perte continue qui restent, nous cherchons des alternatives.

Alternatives

Ventilation réfléchie

Pour la perte de 235 W en continu, j’ai supposé une ventilation de 0,7 x le volume de toute la maison par heure. Cela représente environ170 m3/h pour une maison de 100 m2. Dans une voiture, il est facile de régler la ventilation. Dans une maison, la situation est différente. La norme est de 25 m3/h par personne. Donc, si 4 personnes vivent dans la maison, on peut théoriquement atteindre 100m3/h. Il convient alors de ne ventiler que là où il y a des gens et d’adapter la ventilation à l’activité.

L’accent peut alors être mis sur la ventilation nocturne. Autour de votre lit, vous voulez de l’air frais, mais le reste de la chambre n’a pas besoin d’être ventilé. Il faut donc prévoir des ouvertures d’aération à la hauteur du lit et laisser l’air près du plafond tranquille. Ensuite, la hotte ne doit extraire que la cuisinière. Cela nécessite une cuisinière adaptée ou placée dans une niche verrouillable. Il faut éviter que les fumées de cuisson ne pénètrent dans toute la maison.

Dans tous les cas, la première priorité est de s’assurer que la maison est étanche aux courants d’air.

Compenser la perte

La maison d’exemple de 100m2 a une surface extérieure de 280m2. Pour compenser la perte de chaleur par la ventilation, nous pouvons améliorer l’isolation sur l’ensemble de la maison.  Vous pourriez envisager de remplacer le chauffage. En augmentant l’efficacité de votre chauffage, vous pouvez aussi compenser la perte de ventilation.

Vous pourriez également installer des panneaux solaires pour l’eau chaude. Ceux-ci produisent 500 kWh/m² par an, soit environ 60 W en continu. Vous pouvez utiliser cette eau chaude pour chauffer un mur ou un sol. Vous pouvez également faire en sorte que le soleil puisse chauffer directement le sol intérieur en hiver. La chaleur rayonnante du soleil fournit 1 kW/m². Cette méthode est plus efficace que cellequi consiste à capter le soleil à l’extérieur et à faire entrer la chaleur à l’intérieur par l’intermédiaire de l’eau. Si vous chauffez la masse de la maison, la température de l’air peut être plus basse sans pour autant donner une sensation de froid. Une température de l’air plus basse réduit à son tour les pertes d’énergie par la ventilation.

Autres systèmes

Au lieu d’une VMC double flux, vous pouvez également installer une roue à chaleur dans la façade des pièces principales.https://www.oekoluefter.de/ L’avantage de ce système est qu’il est beaucoup plus facile à nettoyer. Voir aussi l’image ci-dessous.

L’alimentation en air peut également se faire par un tube dans une masse qui peut être refroidie ou chauffée. Vous pouvez aussi placer deux tubes l’un dans l’autre. Le tube intérieur sert alors à l’air sortant et le tube qui l’entoure à l’air entrant. Les tubes doivent être faciles à nettoyer et suffisamment longs. La vitesse de l’air  ne doit pas être trop élevée.

Une bonne conception dépend des conditions-cadres

Dans la pratique, la solution optimale pour chaque maison est différente. En plus, la difficulté réside dans le fait que les systèmes alternatifs sont plus coûteux et ne répondent pas aux normes.

Je me concentre sur les maisons entièrement autonomes. La réduction de la consommation d’électricité est importante dans ce cas. Une VMC consommant 40 W en continu nécessite 2 panneaux solaires et 2 batteries pour produire cette énergie. Il est important de séparer autant que possible l’énergie électrique de l’énergie thermique. Si de la chaleur est nécessaire, elle peut être produite sans trop de technologie. L’énergie électrique est beaucoup plus difficile à produire. Selon moi, la consommation d’électricité d’une maison doit être aussi faible que possible.

La qualité de l’air est tellement importante pour moi que, dans la pratique, j’opte toujours pour un système alternatif. Il s’agit de garder l’air aussi pur et vivant que possible, tout comme ma nourriture et mon eau.

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4 réflexions au sujet de “VMC double flux, bonne idée ?”

  1. Ma fille a construit une maison avec une structure en bois et une isolation BBC, en Auvergne à 700m d’altitude, de 200 m2 habitable sur 2 niveaux. Le chauffage : un poêle de masse + une VMC double flux reliée à un puits canadien + des baies vitrées orientées sud et une casquette pour masquer le soleil en été.
    1 bûche par jour suffit pour chauffer la maison, et en été c’est climatisé naturellement.
    Avec la structure bois qui régule la température et l’hygrométrie, cela donne un confort optimum pour un coût minimum.

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  2. Lecture intéressante…
    Cependant, je n’adhère pas au concept de “consommation kW en continu”.
    Pour moi, la consommation tient compte de l’heure et des conditions extérieures (lumière, température…).
    Notamment quand il y a production d’électricité avec des panneaux solaires photovoltaïques.
    Dans notre maison “bioclimatique” près de Brive, nous lançons lessive, lave-vaisselle etc aux heures de production des panneaux.
    Et pour la VMC (double-flux avec des tuyaux métalliques), un interrupteur permet de la lancer à la demande, parce que la ventilation naturelle (les courants d’air) reste notre priorité.

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    • Bonjour,

      Je trouve l’expérience intéressante. Pour ma part j’ai une construction en cours près de Brive dont le projet a été conçu sur les principes bioclimatiques. Les murs sont en blocs de béton de chanvre Biosys et une VMC double flux va être installée. L’échange d’expérience m’intéresse dans la perspective d’un bon paramétrage de l’installation.

      Bien cordialement

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