Projet de loi “programmation militaire” et communiqué intersyndical

LETTRE OUVERTE CGT 19, FO Corrèze, FSU Corrèze, Solidaires Corrèze

Monsieur le Préfet de la Corrèze, Madame et Monsieur les Députés de la Corrèze, Messieurs les Sénateurs de la Corrèze,

Le projet de loi d'actualisation de la LPM 2024-2030 a été adopté le mardi 19 mai par l'Assemblée nationale. Le texte doit être examiné au Sénat début juin. S'il parvenait à être voté par le Parlement, la LPM initiale à 413,3 milliards d'euros, montant jamais égalé, augmenterait encore de 36 milliards d'euros et installerait un régime d'exception au gouvernement qui agirait, par décret, de manière profonde et injuste sur les droits des travailleurs, et au-delà sur l'ensemble de nos concitoyens, sans passer par le débat parlementaire. Cette perspective d'« état d'alerte de sécurité nationale » nous est insupportable. Il est, au contraire, urgent de garantir une transparence totale sur ces sujets sensibles.

Depuis la déclaration d'économie de guerre prononcée par le Président Macron, tout s'organise dans notre pays pour se mettre en capacité de produire plus d'armements. Augmenter les cadences de production, forcément au détriment de la qualité et des conditions de travail, pour fabriquer des munitions destinées à l'export ne peut que nous alerter. Le régime d'exception permettrait de déroger, non seulement à la séparation des pouvoirs, mais aussi aux règles sur le temps de travail, sur la sécurité au travail, sur l'environnement, …

La défense de notre pays, détenteur de l'arme de dissuasion nucléaire, ne nécessite pas d'acheter aux industriels plus d'armements. En revanche, les besoins sont bien réels et immédiats dans l'ensemble de nos services publics comme, entre autres :

  • à l'hôpital public où la mobilisation actuelle au CH d'Ussel en est une preuve flagrante,
  • dans l'éducation nationale qui voit arriver une certaine militarisation de la jeunesse avec, à titre d'exemple, la multiplication des « classes défense » dans les collèges de notre département mais aussi avec le service militaire volontaire et, plus récemment, les journées portes ouvertes en régiment d'infanterie.

Pour nos organisations, il est inacceptable qu'un tel projet de loi d'« état d'urgence » puisse voir le jour en réduisant les droits sociaux, environnementaux et en privant, de fait, de moyens importants pour la population. Les droits des travailleurs pour qui seuls comptent le pain, la paix et la liberté, ne sont pas une variable à sacrifier sur l'autel de l'économie de guerre.

Nous demandons au représentant de l'État que ce projet de loi soit immédiatement retiré par le gouvernement et aux parlementaires de notre département que ce projet de loi ne soit pas adopté.

Tulle, le 26 mai 2026

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